Ce second tome montre qu’il n’existe pas de voix ni de rythme idéal pour suggérer. Chaque maître a son style: direct, indirect, structuré, métaphorique. Ce qui compte: intention, cadre, congruence et adaptation au partenaire. Les suggestions efficaces sont celles qui respectent votre personnalité et l’objectif de la séance, pas un formalisme imposé.
Gil Boyne transforme la suggestion en acte émotionnel. Il active l’affect, confronte l’évitement, puis rééduque avec des énoncés simples. Techniques clés: langage court et injonctif, initiation de phrases, dialogues avec figures internes. Style improvisé, intense, non linéaire. Puissant si l’alliance est solide et la régulation maîtrisée. Objectif: libération puis stabilisation.
John Kappas a marqué l’hypnose en introduisant la théorie de la suggestibilité : physique (réceptive aux suggestions directes, sensorielles) et émotionnelle (sensible aux suggestions métaphoriques et permissives). Son principe est simple : adapter la suggestion au profil du client, parler sa « langue hypnotique » pour éviter les rejets inconscients et renforcer l’efficacité thérapeutique.
Erickson traite la suggestion comme communication thérapeutique: indirecte, permissive, métaphorique, centrée sur l’utilisation et le sur-mesure. Outils clés: présuppositions, doubles contraintes, confusion douce, métaphores isomorphes. Peu de tests immédiats, mais un guidage subtil qui contourne les résistances et installe des options nouvelles. Priorité: adapter en continu le langage au patient et au contexte.
Preston utilise des suggestions directes et comportementales, insérées dans un protocole avec post-hypnotiques et tâches mesurables. Yager conduit une Subliminal Therapy: il mandate le Centrum (inconscient) via séquences Oui/Non pour identifier et corriger les causes, puis laisse travailler en profondeur. Deux logiques complémentaires: agir tout de suite vs réparer à la source.